Pour s’écarter des sentiers battus et partir à la découverte d’un Québec plus intime, Lanaudière et la Mauricie nous réservent une multitude d’options. Entre les deux « mastodontes » du tourisme que sont Montréal et Québec, un privilège s’offre aux voyageurs, celui de prendre le temps. Prendre le temps de la rencontre avec les paysages et leurs habitants, prendre le temps d’explorer la nature et le terroir gourmand, dénicher des adresses cachées, vivre des expériences originales… En quête de pépites pour s’évader autrement cet été? Empruntons les chemins de traverse de Lanaudière-Mauricie sans attendre, mais en prenant le temps!
S’adonner à un tourisme plus doux et multiplier les découvertes inédites en marge de la foule, c’est possible même en plein été. La Mauricie et Lanaudière nous invitent à faire ce pas de côté tout en restant en plein cœur de la province, entre ses deux plus grands pôles urbains. On peut bien sûr sillonner la campagne des deux régions ou prendre la tangente vers le nord pour s’évader dans l’univers de la forêt. Mais se tenir à distance des grands axes est aisé sans s’éloigner du fleuve Saint-Laurent, par exemple en arpentant l’historique Chemin du Roy plutôt que l’autoroute. À vrai dire, il suffit de rouler quelques petites dizaines de kilomètres depuis le centre-ville de Montréal pour se sentir déjà ailleurs. La preuve avec notre première escale dans Lanaudière, du côté de Terrebonne et Mascouche…
Un tour aux Moulins pour remonter le temps et savourer l’urbanité douce de Lanaudière-Mauricie
Les Moulins est le nom de la Municipalité régionale de comté (MRC) qui regroupe les villes de Mascouche et de Terrebonne. Cette dernière, la ville la plus peuplée de Lanaudière, dévoile un centre historique remarquablement préservé, charmant, vivant et agréable à visiter. On prend le temps de s’immerger dans l’histoire du Québec au fil des bâtiments patrimoniaux du Vieux-Terrebonne, sans manquer la visite de l’Île-des-Moulins. Ce site fut au cœur du développement d’une seigneurie parmi les plus puissantes de la province. Cinq bâtiments restaurés, deux expositions permanentes et plusieurs visites guidées captivantes nous y attendent. La Maison Bélisle est un autre lieu emblématique du quartier historique de Terrebonne, dont elle est le plus ancien bâtiment (1759). L’exposition « L’histoire avec un grand… T » qu’elle abrite met en lumière les racines du patrimoine culturel de la région. Encore d’autres points d’intérêt attendent les curieux dans le Vieux-Mascouche, incluant la plus ancienne paroisse de la MRC des Moulins. Notre bon plan pour faire plus ample connaissance avec ces deux quartiers historiques? On utilise l’appli gratuite Balado Découverte pour emprunter les circuits « Le Vieux-Terrebonne se raconte… » et « À la découverte du Mascouche d’autrefois ». On navigue à son rythme dans ces rues chargées d’histoire tout en apprenant une foule d’informations et d’anecdotes sur les événements et personnages ayant marqué le territoire au fil du temps. Après avoir comblé notre curiosité, il sera temps de profiter des charmes des Moulins pour se détendre! Pause pique-nique dans un parc ou un jardin, promenade au bord de la rivière des Mille-Îles, boutiques, cafés, bonnes tables, lieux et événements culturels : en été, Les Moulins tournent à plein régime entre douceur de vivre et effervescence. Ils font partie de ces destinations en Lanaudière-Mauricie où se livre une urbanité sereine et pleine de cachet. On prend le temps de vivre sans jamais s’ennuyer!
Si on s’échappait dans l’arrière-pays lanaudois pour une parenthèse de déconnexion et de plaisirs gourmands?
Depuis Terrebonne ou Mascouche, on rejoint facilement Repentigny d’où emprunter le Chemin du Roy (route 138), qui a l’avantage de marier itinéraire historique et panoramas sur le fleuve Saint-Laurent. On quitte le tracé la toute première route carrossable d’Amérique du Nord (construite au XVIIIe siècle) au niveau de Lavaltrie, afin de prendre la tangente vers le nord via la route 131. Direction notre point de chute où, là encore, ralentir le temps et goûter pleinement aux charmes de Lanaudière : l’Auberge de la Montagne Coupée, à Saint-Jean-de-Matha. Surplombant de délicieux paysages vallonnés et boisés, ce lieu de villégiature nous veut vraiment du bien. On a le choix entre chalets, pavillons ou chambres et suites à l’auberge pour poser sa valise et profiter d’un hébergement spacieux, calme, cosy et douillet. Relâcher la pression est chose aisée à l’Auberge de la Montagne Coupée, où le décor naturel n’est pas l’unique source de mieux-être : on a aussi, pour éloigner tout stress, une piscine intérieure ouverte sur la nature et un Spa santé vraiment à la pointe – mention spéciale pour les séances de NeuroSpa et pour la carte de massages et de soins corporels. Et puis, détail qui n’en est pas un, on s’y régale! Inventive, évolutive, attachée aux produits locaux et aux saisons, la cuisine concoctée ici classe l’Auberge de la Montagne Coupée parmi les grandes expériences gastronomique à vivre dans la région.
Tant qu’à s’être laissé émoustillé par les produits de Lanaudière, on aurait tort de ne pas profiter de notre présence à Saint-Jean-de-Matha pour rendre visite, panier à la main, au Magasin de l’Abbaye Val Notre-Dame. On y trouve une large gamme de douceurs confectionnées sur place par les moines. Caramels, chocolats, gâteaux, marinades, confitures, sirops et produits de la forêt avoisinent sur les étals d’autres merveilles du terroir régional.
Connaissez-vous la différence entre « se mettre sur le vert » et « se mettre au vert » dans Lanaudière?
Dans Lanaudière, ralentir le rythme, c’est aussi prendre le temps de vivre ses activités de plein air préférées dans un cadre naturel enchanteur à souhait. Et quand on aime un sport comme le golf ou qu’on souhaite s’y initier, alors on ne peut pas passer à côté de l’opportunité offerte par le Golf Matha – oui, c’est bien sur ce vert-là qu’on s’invite, ou sur le “green” comme on dit en France! Ce club de golf réputé séduit les novices comme les experts de la discipline grâce à son parcours qui fait corps avec la montagne et ses nombreux plans d’eau. Au-delà du plaisir de jouer et de crapahuter sur un dix-huit-trous entouré de splendides paysages, le Golf Matha raconte aussi un pan de l’histoire de la région. On doit sa création en 1972 par Roland Salvas, dont le petit-fils Jonathan préside aujourd’hui aux destinées du club. Un nom qui compte dans Lanaudière, puisque les Salvas sont aussi les propriétaires des Super Glissades, du Bistro Matha et de l’Auberge Matha : du fun en toute saison, des saveurs et du confort à une heure de Montréal!
Et pour la mise au vert? On recommande chaleureusement le concept novateur développé par BESIDE Habitat du côté de Rawdon. On séjourne en pleine forêt dans des chalets au design à la fois minimaliste et audacieux, on profite des sentiers de randonnée et des lacs qui constellent un domaine naturel de plus de 360 hectares que ce projet permet de protéger.
Cachés eux aussi au fond des bois, Les Boisés de la Rivière Noire sont une autre option pour décrocher vraiment sans transiger sur le confort. À Sainte-Émélie-de-l’Énergie, tout près du parc régional des Sept-Chutes, ces douze chalets attendent leurs hôtes pour les immerger dans les paysages foisonnants de la Matawanie. Un rêve de Robinson, cuisine équipée et spa privé en plus!
Cap sur la Haute-Mauricie pour la grande déconnexion boréale!
Dans Lanaudière-Mauricie, le pouvoir ressourçant de la forêt semble illimité. Après les bois de Lanaudière, la découverte de la Haute-Mauricie vient encore renforcer ce sentiment de dépaysement. La route 155 invite à remonter le fil de la rivière Saint-Maurice jusqu’à La Tuque, une ville qui symbolise à merveille le lien étroit qui unit les hommes et l’environnement en Haute-Mauricie. Pour stopper le temps et prendre le pouls de la vie dans les grands espaces, on recommande l’escale au Parc des Chutes-de-la-Petite-Rivière-Bostonnais. À portée du centre-ville et appréciée des familles qui viennent s’y balader ou pique-niquer, cette destination connue pour son impressionnante chute d’eau et ses sentiers sillonnant des hectares de forêt n’est pas uniquement un écrin de nature et d’aventures. On accède à plusieurs centres culturels et d’interprétation dédiés à des thématiques indissociables de l’histoire de La Tuque et de la Haute-Mauricie. La nature et la faune sauvage, la navigation sur la rivière Saint-Maurice, la traite des fourrures ou encore un célèbre enfant du pays, Félix Leclerc, font partie de ce riche programme, à vivre avec l’éclairage de guides-animateurs. La Tuque donne aussi l’occasion de se familiariser avec la culture autochtone du peuple Atikamekw, les premiers habitants de la région, grâce au circuit-découverte Atisoko, c’est-à-dire « raconte-moi » en atikamekw. Naturellement, l’accent est mis sur la façon dont l’opulente nature boréale et ses ressources nourrissent ici les humains depuis des millénaires. En Haute-Mauricie, ce patrimoine tissé d’épaisses forêts, de reliefs, de lacs et de cours d’eau constitue un véritable joyau pour les amoureux de la nature et des aventures au grand air comme la randonnée pédestre, l’observation de la faune, le camping, le canot et toutes sortes d’activités nautiques. On ne s’étonne pas que des pourvoiries parmi les plus prestigieuses du Québec et des lieux de villégiature écotouristique invitant à dormir autrement dans les bras de Dame Nature aient fait leur nid en Haute-Mauricie. On a d’ailleurs plusieurs recommandations tout simplement imparables pour décrocher vraiment…
Quatre coups de cœur pour séjourner au rythme de la forêt en Haute-Mauricie
Le cachet d’une pourvoirie historique dont les origines remontent au XIXe siècle, les plaisirs d’un lieu de villégiature d’exception lové dans une nature intacte où vivre des tonnes d’aventures… bienvenue à La Seigneurie du Triton ! Côté prestige, l’histoire parle d’elle-même : Roosevelt, Truman, Churchill, les Rockfeller ont séjourné dans ce club fondé en 1893. Au début du XXe siècle, le Triton Fish and Game Club attirait les grands de ce monde pour de mémorables parties de pêche et de chasse au cœur d’un immense territoire sauvage ponctué de deux cents lacs. Aujourd’hui, La Seigneurie du Triton nous convie à profiter de son aire protégée dépassant les 400 km2 en nous laissant le choix du cocon : une chambre ou une suite dans le vénérable Club House, l’auberge principale du Triton – dont la seule voie pour atteindre la pourvoirie est via une traversée en bateau –, une chambre dans l’une des deux autres auberges du domaine ou la location d’un chalet rien que pour soi, en famille ou entre amis… Au Triton, le séjour a le goût des propositions gastronomiques du chef (truite fraîche du jour incluse) et les couleurs d’une nature extralarge dans laquelle se ressourcer par tous les moyens. La randonnée pédestre, le farniente, la baignade, la pêche bien sûr et toutes sortes d’activités nautiques s’invitent au programme, mais aussi, en compagnie de guides chevronnés, l’interprétation de la faune et de la flore, du piégeage ou encore des champignons, l’observation de l’ours noir ou celle du ciel étoilé…
Autre plan ultime pour se laisser bercer par la grande nature de la Haute-Mauricie, la Pourvoirie du Lac Oscar attend ses hôtes, cette fois à l’ouest de La Tuque, dans la chaleur de ses dix-huit chalets, tous postés au bord d’un lac ou du réservoir Blanc. Outre la pêche et les activités de plein air, la pourvoirie de la famille Farrar a pensé aux urbains en quête de zen que nous sommes avec un forfait « Méditation, respiration conscience et Qi Gong ». On adore!
Entre nos deux pourvoiries coups de cœur se trouve un lieu qui pousse encore plus loin le curseur de l’harmonie avec la nature. Au bord de la rivière Croche, Méandre Haute-Mauricie est la destination écotouristique qu’il nous faut pour vivre des aventures douces dans un environnement d’exception (descentes de rivière, balades en forêt, vélo…) et s’adonner à l’art du glamping dans des éco-hébergements au design innovant, comme des micro-cabines ou des Cocodômes.
En reprenant la direction du sud, on s’arrête enfin du côté de Trois-Rives pour dénicher un autre de ces lieux où la nature nous rend au centuple le respect qu’on lui accorde. En séjournant aux Versants de la Falaise, sous d’épatants dômes géodésiques pouvant abriter deux à quatre invités, on se tient à bonne distance de toute forme de stress, d’autant que chaque dôme possède son propre bain scandinave, son sauna style baril et son coin feu extérieur.
Des escales mauriciennes mémorables en redescendant vers le Saint-Laurent…
Après le royaume de la forêt, on reprend le fil du Saint-Maurice pour rejoindre en douceur le cœur battant de la Mauricie. En chemin, les attraits se bousculent, les surprises aussi. Par exemple, quand on aime la culture western, les rodéos, la musique et les danses country, et qu’on a la chance de se trouver dans le coin entre le 5 et le 14 septembre 2025, on n’a qu’à suivre le panneau St-Tite pour aller s’immerger dans le monde des cowboys au Festival Western de St-Tite. Certes, il vaut mieux ne pas être allergique à la foule (près de 600 000 visiteurs sur 10 jours dans un village de 4 000 habitants!), mais celle-ci est tellement joyeuse, souriante et dansante, qu’on se laisse vite embarquer par l’ambiance générale et par la qualité des shows du FWST.
Plus calme mais tout aussi familial, le Labyrinthe Coureur des Bois est une autre idée d’escale originale à faire à Saint-Mathieu-du-Parc, à l’orée du fabuleux parc national de la Mauricie. Cet immense labyrinthe parmi les cèdres nous met, en plus du côté ludique de l’expérience, en prise direct avec la nature et l’histoire de la région. On aime en particulier la façon dont cet attrait sensibilise tous les publics au respect de l’environnement (sur place aussi: café-terrasse, mini-ferme, sentiers de randonnée et chalet à louer, entre autres).
On est alors près, vraiment tout près de Shawinigan, l’arrêt rêvé pour faire littéralement le plein d’énergie. En plus de ses fascinantes installations et expositions à visiter, son Centre des sciences, sa tour d’observation et ses activités immersives, la célèbre Cité de l’énergie est incontournable pour prendre le temps de mieux connaître Shawi et son histoire, notamment via le tour de ville et la croisière historique sur le Saint-Maurice.
Entre Shawinigan et Trois-Rivières, non seulement la rivière n’a pas dit son dernier mot, mais elle nous invite à prendre un maximum de hauteur et de sensations pour dévorer du regard les paysages de la Mauricie depuis les airs. Rendez-vous à Saint-Étienne-des-Grès où se cache l’hydrobase d’Hydravion Aventure. Au manche de cette compagnie, l’ancien pilote de l’armée française Alain Priem a développé une fabuleuse offre de survols à bord de ses hydravions Cessna 206, Cessna 180 et Daher-Kodiak. Outre les envolées panoramiques – vraiment « wow » au-dessus du parc national de la Mauricie! – et les transferts en hydravion vers notre auberge de la forêt ou notre pourvoirie préférées, Hydravion Aventure concocte d’alléchantes envolées gourmandes. Apéritif gourmand au coucher du soleil, repas gastronomique en pleine nature, signé Fred Chappuis (Fredélys), pique-nique sur une plage sauvage ou repas dans une auberge réputée… en deux coups d’ailes, les hydravions d’Alain Priem nous transportent vers des lieux uniques pour mieux nous régaler. À noter que l’hydrobase d’Hydravion Aventure propose aussi le gîte, dans de coquets hébergements bordant la rivière.
La Mauricie côté fleuve pour un bouquet final d’aventures et de nature
On se rapproche du Saint-Laurent pour achever notre grande tournée d’été sur le thème de la déconnexion et du retour aux sources. Pour les aventuriers qui seraient restés sur leur faim en matière de sensations fortes, la bonne idée est de mettre le cap sur le Parc de la rivière Bastiscan, à l’est de Trois-Rivières. S’étendant sur 400 hectares d’espaces boisés traversés par la fougueuse rivière Batiscan, ce magnifique parc régional propose un parcours d’aventure qui ne laisse personne indifférent, petits comme grands. Il comprend une via ferrata spectaculaire le long de la paroi qui surplombe la rivière (activité disponible en version nocturne!), mais aussi des tyroliennes traversant le cours d’eau ainsi qu’un parcours dans les arbres, sans oublier différentes activités guidées à la découverte de la nature environnante. Prendre racine au Parc de la rivière Batiscan est possible et même souhaitable, si l’on veut profiter du plein potentiel du site et de ses sentiers, ou expérimenter d’autres activités autonomes comme le vélo de montagne, le canot, le kayak ou la pêche. Camping avec ou sans service, cabines rustiques et hébergements de prêt-à-camper sont là pour ça!
Enfin, là où le fleuve se gonfle de fierté et de biodiversité pour devenir le lac Saint-Pierre, réserve mondiale de la biosphère de l’UNESCO, notre ultime coup de cœur n’est autre que le Domaine du Lac St-Pierre, situé à Louiseville. On peut y séjourner (camping, glamping ou chalets) et surtout s’y adonner à une multitude d’activités au contact d’écosystèmes précieux, tels que le bayou, à découvrir lors d’un safari nautique. Le canot, le kayak, le pédalo, la chaloupe, la motomarine pour explorer l’archipel du lac et même l’hydravion sont mis à profit pour mieux connaître cette aire de grande richesse naturelle. Ralentir le rythme pour mieux communier avec les merveilles de Lanaudière-Mauricie, voilà un été qu’on n’est pas près d’oublier !